NON! NON! NON! Cette fois c'est terminé je ne la laisserai plus se faire du mal. Écrire lui fait plus de mal que de bien. Je vais aller lui dire ses quatre vérités et si elle ne change pas je pense que je vais faire venir cet enfoiré qui lui a fait ça pour qu'il réalise ce qu'il a fait.
Edward n'est plus mon ami. Je le déteste. Il nous fait tellement de mal. Bella souffre à cause de lui et nous nous souffrons de voir Bella qui a mal.
Je monte l'escalier pour rejoindre la chambre de ma Belly Bell's. Arriver devant sa porte j'essaie d'ouvrir mais voilà, la porte est fermée à clef. Ce n'est pas son habitude de s'enfermer. D'ailleurs ce n'est pas son habitude non plus de lui écrire ses lettres sans musique. Qu'est ce qui se passe?
Par chance elle a enlevé la clef de la serrure. Je vais chercher le double dans ma chambre. Une fois de retour devant sa porte j'insère la clef en tremblant. J'ai vraiment peur maintenant. Je sens qu'il se passe quelque chose d'inhabituel. C'est alors que la porte s'ouvre enfin et que je découvre l'horreur. Bella est étendu sur son lit baigné de sang. Elle est inconsciente. Je pleure, je ne sais pas comment réagir. Je m'approche doucement mais rien, elle reste comme ça, les bras le long de son corps. Je vois alors la lame de cutter pour ma couture posée sur le cadre où la photo d'elle et Edward repose. Je reprends soudain conscience de ce qui se passe. Bella a essayé de se suicider. Je prends son pouls et je suis rassurée quand je le sens sous mes doigts. Je cherche frénétiquement mon téléphone dans mes poches et le trouve enfin. J'appelle les urgences. Je ne veux pas qu'elle meurt, j'ai trop besoin d'elle. Une fois les urgences arrivées j'appelle Rosalie. Elle hurle au téléphone quand je lui dis que je m'en vais en ambulance car Bella a tenté de mettre fin à ses jours. Elle insulte Edward de tous les noms et moi je n'en pense pas moins. Nous savons aussi bien l'une que l'autre que ce geste désespéré est à cause de lui. Il va payer.
Une fois à l'hôpital, je rempli les papiers pour Bella. Carlisle arrive et me demande ce que je fais là. Je pleure tellement que je ne peux pas lui répondre alors à la place je lui montre le nom que je viens d'inscrire sur la feuille de renseignement de la victime : ISABELLA MARIE SWAN. Il a un hoquet de peur et se dirige ensuite vers le couloir où Bell's a été emmener. Rosalie arrive enfin et toutes les deux on part s'asseoir dans la salle d'attente. L'attente est trop longue et je me dépêche de sortir. Je ne peux plus rester là sans nouvelles. Soudain je réalise que le responsable de ce qui vient d'arriver ne s'est rien de ce qui se passe en ce moment. Je sors mon téléphone et compose son numéro.
-Allô?
-T'as intérêt de te ramener et très, très vite!
-Alice ? Mais qu'est ce qui se passe? Tu vas bien Lily?
-Ne m'appelle pas comme ça! Viens à l'hôpital et dépêche-toi !
-A l'hôpital? Mais il se passe quoi là?
-Tu te souviens d'une fille qui tenait à toi comme à la prunelle de ses yeux et que t'as laissé tomber?
-Bella? Qu'est ce qu'elle a? Il lui est arrivé quelque chose?
-Magnes toi le cul de venir à l'hôpital avant qu'il ne soit trop tard.
Je raccroche comme ça, sans lui donné plus d'explications. De toute façon il n'en mérite pas, il verra bien en arrivant. Je n'arrive pas à croire que ce soit à cause de lui.
Je retourne voir Rosalie qui me dit que rien n'a changé, elle n'a pas eu de nouvelles. Je lui demande si je peux retourner à la maison pour ramener des affaires à Bella. Elle me regarde, les yeux remplis de chagrin et je sais ce qu'elle pense.
-Ne t'inquiètes pas, je suis sûre qu'elle va se réveiller. C'est pour ça qu'il faut lui ramener des vêtements.
-Oh Alice! J'ai tellement peur.
Elle éclate en sanglots dans mes bras et je ne peux empêcher mes larmes de couler aussi. Je me dois d'être forte à l'extérieur. Même si à l'intérieur je suis morte de peur.
Sur la route pour aller chez nous, je réalise ce qu'il se passe. En retournant à l'hôpital je peux revoir Bella. Mais dans le cas contraire qu'est ce que je vais faire ? Je n'ose pas y penser très longtemps.
Arriver à la maison je monte dans sa chambre et cherche dans son armoire de quoi l'habiller pour plusieurs jours ainsi que des pyjamas. C'est alors que je tombe sur la boîte à chaussures* qui contient tout ses lettres. Je ne veux pas les lire mais je ne peux m'en empêcher. Ce que j'y découvre me fait mal, mon cœur se sert en comprenant enfin ce que Bella ressentait chaque jour depuis qu'Edward l'a abandonné. Je ne comprends pas comment elle a pu garder tout ça pour elle. Mais en même temps qu'est ce que j'aurai pu faire ? Je n'ai jamais compris ce qui les liés tous les deux alors j'aurai eu du mal à la consoler, à lui dire les bons mots**. Puis, enfouie sous le tas de papier, je découvre sa dernière lettre. Comment décrire ce qu'elle a écrit ? C'est de la souffrance, certes, mais j'ai l'impression que c'est plus que ça. Elle a voulu mettre fin à ses jours pour ne plus avoir mal. Elle dit qu'elle ne le fait par pour Edward mais je suis sûre que si puisque c'est lui qui lui fait autant de mal.
Je prends la lettre avec moi, le sac d'affaires et repars en direction de l'hôpital. Sur le trajet, je me dis qu'il faut qu'Edward lise cette lettre. Il devrait toutes les voir mais celle-ci plus que les autres. Qu'il comprenne que tout est de sa faute. C'est à cause de lui si Bell's est à l'hôpital, entre la vie et la mort. Il regrettera toute sa vie d'être né si elle ne s'en tire pas.
Bella est une battante, elle va s'en sortir. J'en suis convaincue.
J'arrive enfin sur le parking de l'hôpital et j'aperçois la Volvo d'Edward. Il se tient à côté, une cigarette dans la bouche. Je m'approche de lui et quand j'arrive à sa hauteur il daigne enfin s'apercevoir que je suis là.
-Alice dit moi ce qu'il se passe. Pourquoi Bella est à l'hôpital?
-Lis ça et tu comprendras.
Je lui tends la lettre qu'il prend puis je me détourne et rentre à l'intérieur retrouver Rosalie qui me dit que Bella est dans le coma. Les médecins disent que son corps se met en veille en quelque sorte pour ne plus subir la souffrance qu'elle s'inflige. Il ne me reste plus qu'à attendre qu'Edward finisse sa lecture mais encore plus le réveil de Bella.
POV de Bella (ses pensées)
Edward,
Je vois le noir partout, il n'y a plus de lumière là où je me trouve. C'est
ce que j'attends depuis le jour où tu m'as abandonné. Pourtant le manque de toi
est toujours là. J'espérai ne plus souffrir mais ça continu. Je ne sens plus mon
corps mais je peux encore penser. Et c'est à toi que je pense. J'entends du
bruit autour de moi mais je ne l'identifie pas. Penser que tu puisses être à mes
côtés me donne envie de retrouver la lumière du jour mais je sais que tu ne sais
pas où je me trouve. Mais je te rassure moi non plus. La dernière chose dont je
me souviens c'est la chaleur qui a envahit mon corps lorsque que la lame m'a
libéré de ma souffrance quand j'étais allongée dans mon lit. Après c'est comme
un trou noir qui s'est doucement installé.
Est ce que je regrette mon geste ? Pas du tout. Il me permet de quitter cette
terre où je n'ai plus ma place. Je ne voulais plus continuer de vivre sans toi.
C'était trop dur. Affronter tous les jours le regard de pitié des autres je n'en
pouvais plus. Bien sur je m'en veux un peu de laisser Alice et Rose. Mais à quoi
bon rester ici et de continuer de leur faire du mal ?
J'aurai aimé te voir une dernière fois. Peut être pas pour savoir pourquoi tu
m'as laissé mais au moins te serrer dans mes bras une seule fois avant de me
laisser partir vers l'endroit que maintenant je chérie plus que tout. Ce noir
qui me permet de me dire que c'est la meilleure chose qui me soit arrivé hormis
toi. Parce que toi tu seras toujours le meilleur. Tu te souviens, un jour tu
m'as demandé de te dire tous les mots auxquels je pensais lorsque j'étais avec
toi. A cette époque je n'avais pas été capable de te le dire parce que tout se
mélangeait. Aujourd'hui, dans cette obscurité qui règne, je peux tout
identifier. Tu es mon meilleur ami, mon âme sœur, mon amour éternel, mon ami,
mon frère de cœur, mon premier amour. Voilà ce que je n'ai jamais réussi à
assumer. Je t'aime. Je t'aime comme jamais je n'ai ressenti ce sentiment pour
quelqu'un. Je t'aime tellement que cela m'est interdit. Je n'ai pas le droit de
t'aimer puisque tu es mon ami. Je n'ai pas le droit de t'aimer puisque toi tu ne
m'aime pas. Alors je crois que j'ai fait le bon choix.
Je sais que tu me penseras lâche quand tu sauras ce que j'ai fait mais avec
tout ce que tu trouveras dans les lettres je sais que tu changeras d'avis. Parce
que ce n'est pas de la lâcheté, c'est juste du ras le bol. Ras le bol de me
lever le matin et de me coucher le soir. Ras le bol d'attendre un signe de toi.
Ras le bol de me dégoûter. C'est un peu lâche en fait, je suis d'accord. Mais
que j'attende la mort ou que je m'offre à elle tout de suite je ne vois pas ce
que ça change. D'accord j'aurais pu avoir un mari, des enfants, un chien, une
grande maison avec une piscine. Ou alors un ranch. Mais c'était notre rêve à
nous. Tu te souviens tu m'avais dit « si dans 20 ans on n'est pas marié chacun
de notre côté on se marie tous les deux et on achètera un ranch ». Dans mon
subconscient je me rends compte que c'est ce que j'ai toujours voulu. Je m'en
rends compte que maintenant parce que, à la limite de la mort, je peux voir tout
ce que je n'ai jamais voulu voir.
Les sentiments que j'ai toujours eu pour toi ont toujours été plus que de
l'amitié. Je le réalise trop tard mais de toute façon ça ne change rien. Mise à
part les remords que j'ai en attendant de partir ailleurs. Cet ailleurs dont je
rêve chaque jour qui se lève et qui me fait réalisé que tu n'es plus là. Quand
je pense cette phrase je réalise qu'on pourrait croire que tu es mort. Mais
c'est moi qui suis en train de mourir. J'entends un bruit sourd, j'ai
l'impression qu'il est à des kilomètres de moi. C'est un bip incessant qui
résonne dans mon crâne et qui me fait prendre conscience que je ne suis toujours
pas partie. Que j'aille en Enfer ou au Paradis je doute qu'il y a des bruits
aussi emmerdants que celui là.
Je sens que mon cœur va s'arrêter. Il commence à ralentir ses battements.
Enfin je vois la délivrance qui arrive. Ne crois pas ce qu'on dit dans les
films. Il n'y a aucune lumière blanche qui apparaît dans la tête quand nous
mourrons. Je meurs et tout reste noir. Ce n'est pas si mal que ce soit noir, ça
me permet de croire que je dors, ou que j'ai simplement les yeux fermés. Le noir
est rassurant parce qu'il y en a toujours autour de nous. Par exemple tu portais
beaucoup de Jeans noirs. Et voilà je fais toujours référence à toi, qu'importe
le sujet.
Je crois que je vais arrêter de penser maintenant et laisser mon âme partir
là où elle veut. J'aurai voulu dire au revoir à tout le monde mais c'est trop
tard.
Adieu
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire